Comme cela était attendu, Dominique Strauss-Kahn a plaidé non coupable lundi des faits qui lui sont reprochés depuis le 14 mai (viol, agression sexuelle, séquestration...). Il y aura donc un procès pour l'ancien Directeur Général du Fonds Monétaire Internationale (FMI). Et il se déroulera vraisemblablement juste avant l'élection présidentielle française.
"Not guilty" (non coupable), voici les principales paroles prononcées par Dominique Strauss-Kahn lors de sa nouvelle audition devant le juge en charge de "L'Affaire DSK". Accompagné au tribunal par sa femme Anne Sinclair et entouré de ses deux avocats renommés, l'ancien ministre a donc comme il le fait depuis plusieurs semaines nié toute agression contre la femme de ménage du Sofitel où il était descendu le 13 mai au soir.
Cela signifie donc qu'un procès aura bien lieu pour déterminer si oui ou non DSK a agressé, séquestré et violé Nafissatou Diallo, la femme de ménage de l'hôtel où se seraient produits les faits.
Les avocats de la défense vont désormais avoir six semaines pour prendre connaissance de tous les éléments du dossier d'accusation et préparer leur argumentaire afin de prouver l'innocence de leur client. Au vu des propos tenus à la sortie de l'audience par Benjamin Brafman, il semble que la défense plaidera une relation consentie entre DSK et la jeune femme.
Selon un expert de la juridiction du comté de New-York, cité par le journal "20 minutes", la stature de Dominique Strauss-Kahn devrait éviter un délai trop long avant l'ouverture du procès : "C'est un gros poisson, ce qui pourrait minimiser le temps d'attente avant le procès. Je dirais de 4 à 6 mois". Cela nous amène donc en fin d'année 2011.
Le procès peut durer d'un jour à plusieurs mois (celui de Mickaël Jackson s'était par exemple étalé sur 15 semaines !). S'il s'éternise un temps soit peu, ce qui est vraisemblable, le sort de DSK pourrait donc être scellé quelques semaines seulement avant le premier tour de l'élection présidentielle française, programmé le 22 avril 2012. Une élection présidentielle dont Dominique Strauss-Kahn était le grand favori il y a encore un mois...
Il est certain que les médias seront à l'affût du grand déballage qui pourrait bien avoir lieu. Cela aura une influence sur la campagne présidentielle, c'est inévitable, mais à quel point et surtout à qui profitera la situation ? Difficile à dire à ce jour.