Pour une entrée en matière ratée, c'est réussi ! En proposant le remplacement du défilé militaire du 14 juillet par un grand "défilé citoyen", Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle de 2012, s'est attirée de vives critiques de la classe politique française. Et c'est bien normal.
A l'heure où les cyclistes norvégiens Thor Hushovd et Edvald Boasson Hagen brillent sur les routes du Tour de France, leur compatriote franco-norvégienne Eva Joly est loin de faire de même dans la course à l'élection présidentielle.
Pour l'une de ses premières étapes dans la lutte pour le "maillot jaune" présidentiel, la candidate écologiste a réalisé une sortie de route remarquée, qui lui a coûté d'être lâchée par une grande partie du "peloton politique".
Et pour cause : comment peut-on proposer la suppression du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, le jour même d'une fête nationale marquée par le décès récent de plusieurs soldats en Afghanistan ?
Suite à cette attaque manquée, Eva Joly a immédiatement été renvoyée "en queue de peloton" par les principaux leaders politiques, du Premier Ministre François Fillon à Henri Guaino, en passant par Marine Le Pen et même Martine Aubry et Ségolène Royal, qui une fois n'est pas coutume ont été inspirées de ne pas suivre bêtement cette "échappée verbale".
La France est attachée à son armée, ça ne fait aucun doute. Dans ces conditions, comment envisager de supprimer l'hommage appuyé de la nation aux soldats qui chaque jour risquent leur vie pour défendre la liberté et la démocratie aux quatre coins du monde ? C'est à mon sens inimaginable.
Et quand les propos de Madame Joly sont tenus quelques heures seulement après les annonces successives des décès de plusieurs militaires français sur le sol afghan, on ne peut que qualifier cela de "dérapage incontrôlé".
Au lieu d'un défilé militaire, Eva Joly propose un "défilé citoyen" réunissant des enfants, des étudiants, des seniors... Bien entendu, il n'est pas interdit d'imaginer qu'il puisse y avoir un jour un événement de ce type, mettant en avant différentes générations, différents talents. Mais pas un 14 juillet !
Avec une pointe d'ironie, j'irai même jusqu'à dire que les étudiants défilent déjà bien assez tout au long de l'année scolaire pour des revendications souvent incohérentes. Laissons-les passer leurs vacances tranquillement !
La campagne présidentielle ne fait que commencer pour Eva Joly, mais il plane une forte impression qu'une erreur de casting a été réalisée par son équipe en la désignant comme leader. J'ai senti dès le départ qu'EELV allait connaître des défaillances d'ici mai 2012, mais je ne pensais pas que cela arrive avant même que la route s'élève et que les principales difficultés se présentent.
S'il est certain qu'Eva Joly n'a aucune chance de disputer la course au "maillot jaune" présidentiel et risque de terminer bien loin au classement général final, je suis convaincu qu'elle n'a absolument pas les qualités nécessaires pour lutter pour le "maillot vert". Fort heureusement, cela fait bien longtemps que l'écologie n'est plus l'apanage d'un parti mais qu'à droite comme à gauche, des propositions bien plus convaincantes que celles des écologistes sont formulées.