Lors du Comité Central d’Entreprise extraordinaire du mercredi 14 mars qui s’est tenu à Voreppe (Isère), la direction du groupe Rio Tinto Alcan a expliqué qu’elle envisage la vente du site mauriennais.
Rio Tinto Alcan avait promis aux employés de Saint-Jean-de-Maurienne de les tenir informés mi-mars de l’avancée des négociations avec EDF au sujet du prix de l’énergie. Les dirigeants ont convoqué mercredi un Comité Central d’Entreprise extraordinaire.
Si tous les détails n’ont pas été donnés, il semblerait qu’EDF ait récemment formulé une offre d’approvisionnement en énergie tout à fait honorable et compétitive (cela tend à confirmer le discours tenu par Henri Proglio, PDG du groupe EDF, mi-février).
Pourtant, Rio Tinto Alcan ne s’en satisfait pas, estimant que si le projet est compétitif à l’échelle de l’union Européenne, il n’en est pas de même à l’échelle mondiale.
Des écarts importants subsisteraient entre l’offre d’EDF et le niveau que Rio Tinto Alcan s’est fixé pour assurer la continuité de l’usine.
Sans envisager clairement une fermeture, Rio Tinto Alcan affirme « qu’un modèle d’affaires différent de celui de Rio Tinto Alcan pourrait être plus adapté à la réalité logistique et opérationnelle de Saint-Jean ». La cession de l’usine Saint-jeannaise apparaît donc fort probable.
Ce jeudi, à l’issue d’une rencontre avec les salariés à Saint-Jean-de-Maurienne, Loïc Maenner, Directeur de l’usine Saint-jeannaise, s’est exprimé quelques minutes devant les médias. Il a réaffirmé l’objectif de Rio Tinto Alcan de pérenniser le site mauriennais.
Trois axes de travail ont été énumérés :
- continuer à améliorer et sécuriser le projet d’approvisionnement du site.
- étudier les options de cession ou de partenariat (pour l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne, le centre de recherche ne serait pas inclus dans le périmètre de l’étude).
- continuer à améliorer les performances de l’usine, notamment avec les travaux en cours sur la fiabilité des équipements.
Les syndicats ont en tout cas légitimement du mal à cacher leur déception et leur mécontentement. Ils estiment que les prix proposés sont inférieurs à toutes les prévisions initiales de Rio Tinto Alcan pour maintenir le site. Le contrat, qui serait d’une durée de 15 ans, permettrait selon eux d’envisager des investissements.
Si l’avenir de l’usine reste pour l’heure très flou, c’est toute la filière aluminium européenne qui se voit menacée.
Par exemple, le contrat obtenu pour l’usine Rio Tinto Alcan de Dunkerque dans le cadre d’Exceltium serait moins intéressant que la proposition d’EDF pour Saint-Jean-de-Maurienne. L’usine ne serait donc pas rentable et pourrait se trouver menacée à court ou moyen terme.
Rio Tinto Alcan
Interview de Loïc Maenner
15 mars 2012