Alors que le dépôt officiel des candidatures pour l'investiture socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2012 peut se faire jusqu'en juillet, la décision de Dominique Strauss-Kahn ne fait plus aucun doute (ou presque). Dans un documentaire diffusé dimanche sur Canal +, tout semble indiquer que le patron du FMI sera de la partie.
Si son mandat au FMI l'oblige à un strict devoir de réserve, DSK multiplie les interventions masquées concernant sa candidature à l'investiture du parti socialiste. Après les propos de sa femme Anne Sinclair et son intervention sur France 2 notamment, un documentaire diffusé dimanche sur la chaîne cryptée confirme la tendance.
Le reportage "Un an avec DSK" montre l'ancien ministre dans son quotidien new-yorkais : en réunion avec les grands argentiers du monde entier, en visite à l'étranger, et même au tournoi de football du FMI ou dans sa cuisine avec sa femme.
Plusieurs allusions à la présidentielle alimentent ce reportage. On voit par exemple DSK arborant un tee-shirt "Yes we Kahn (clin d'oeil au slogan de Barack Obama lors de son élection à la tête des Etats-Unis) ou encore un lapsus révélateur lorsqu'un journaliste asiatique l'interroge sur son intention d'être candidat à la présidentielle française.
Sa réponse est d'abord "oui", avant de rectifier : "euh... je vais me présenter à votre président demain".
Le principal intéressé se garde pourtant de toute déclaration qui serait contraire à son poste actuel. "Je vois bien qu'il y a une attente, des gens m'arrêtent dans la rue. Cette décision, permettez moi de la garder pour moi" a-t-il dit aux journalistes qui l'ont suivi pendant un an.
Le favori actuel des sondages s'en réfère donc au calendrier fixé par le Parti socialiste, d'ailleurs contesté par ses proches qui auraient souhaité davantage de temps.
On connaîtra la réponse sur la candidature de DSK à l'investiture au plus tard en juillet, c'est une certitude. Si une surprise est possible, comme l'a prouvé Jacques Delors en 1995 en renonçant alors que tout laissait à penser le contraire, il serait très étonnant de ne pas retrouver Dominique Strauss-Kahn en compétition avec Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls et Arnaud Montebourg (candidats presque certains à ce jour), lors du vote prévu en octobre.