Le Tour d'Espagne cycliste s'est achevé dimanche à Madrid. L'édition 2011 a tenu ses promesses, dans la lignée d'un Giro et d'un Tour de France réussis. Mais l'identité du vainqueur fait débat : Juan José Cobo (Geox) est un coureur aussi déterminé qu'intrigant.
On attendait Nibali, Rodriguez, Anton, Scarponi ou encore Menchov. La faillite des principaux leaders et de sérieux outsiders a finalement profité à Juan José Cobo. Destiné à jouer les équipiers pour Menchov et Sastre au départ de la Vuelta, l'Espagnol a conclu les trois semaines de courses avec le maillot rouge de leader du classement général sur les épaules.
Régulièrement classé lors des premières grandes étapes, Cobo s'est affirmé peu à peu et a fini par participer à une rude bataille avec l'Anglais Chris Froome (Team Sky), lui aussi inattendu à ce niveau et à l'origine équipier de son compatriote Bradley Wiggins (3e du général).
On retiendra comme image forte de ce Tour d'Espagne 2011 le formidable duel entre les deux premiers du général lors du dernier kilomètre de l'étape entre Faustino V et Pena Cabarga.
Mais déjà, les pro et les anti Cobo s'opposent.
Certains voient en sa victoire sur un grand Tour la formidable revanche d'un coureur quasi perdu, un temps dépressif et décidé à arrêter le vélo. Poussé par ses dirigeants à terminer la saison, il a finalement couru avec moins de pression et s'est révélé être très fort dans cette situation. Certainement va-t-il réfléchir à deux fois à son avenir...
D'autres considèrent Cobo comme un cycliste largement suspecté de dopage et dont les performances sont à prendre avec beaucoup de recul. Membre de l'équipe Saulnier Duval en 2008 lors de l'éviction du Tour de ses équipiers Ricco et Piepoli pour dopage à l'EPO Cera, Cobo n'a jamais été contrôlé positif. Cependant, les passionnés de la "petite reine" ne manquent pas de rappeler que lorsque les deux tricheurs italiens ont été confondus par leurs analyses, Cobo les devançait au classement général et gravissait les pentes des cols français sur un rythme tout aussi soutenu.
Comment, dans ce cas, imaginer une seule seconde que Cobo soit un coureur "propre", au sein d'une équipe Geox qui n'est autre qu'une évolution de circonstances de l'ancienne Saulnier Duval ? Le doute, pourtant, lui bénéficie au regard du règlement.
Dernier mot pour évoquer le bilan des Bleus, plutôt satisfaisant. Le Champion de France Sylvain Chavanel (Quick Step), après un Tour de France difficile, a porté le maillot de leader pendant quelques jours. David Moncoutié (Cofidis) a obtenu ce qu'il était venu chercher : un nouveau maillot de meilleur grimpeur et une victoire d'étape. Le meilleur Tricolore au classement général final est Mathieu Perget (AG2R), 24e.