Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, j'étais volontairement resté assez discret sur la politique nationale, considérant qu'une bonne partie des décisions prises et des réformes engagées par le Président de la République et son gouvernement allaient dans le bon sens et étaient surtout conformes aux engagements du candidat lors de la campagne présidentielle. Mais quelle déception d'apprendre la semaine dernière l'abandon du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes !
Il ne s'agit pas pour ma part de prendre position pour ou contre le projet. Il présentait un intérêt pour le développement de la France et en particulier de l'Ouest du pays, mais posait aussi un certain nombre de contraintes qu'il n'est pas possible de nier. Je me garderai donc bien d'émettre un avis tranché, laissant à ceux qui vivent sur ce territoire au quotidien le soin de développer leurs arguments.
Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est la remise en cause de l'autorité de l'Etat.
L'abandon de ce projet va à l'encontre :
- des engagements d'Emmanuel Macron, qui avait promis à la télévision, face aux Français, que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait concrétisé.
- des nombreuses décisions de justice, validant la mise en œuvre du projet.
- de la consultation organisée en juin 2016, qui avait permis aux habitants concernés de s'exprimer majoritairement en faveur de la réalisation du nouvel aéroport (55%).
Clairement aujourd'hui, l'Etat a cédé face à une poignée de "zadistes" (rien que d'écrire ce mot m'hérisse le poil) crasseux, rassemblement d'altermondialistes et de militants antisystème, dont certains sont reconnus comme violents.
Il est important de préciser que tout n'est pas de la faute des dirigeants actuels, qui ont eu au moins le mérite de trancher, là où les gouvernements précédents n'avaient fait que tergiverser, en laissant en même temps les occupations illégales des terrains se développer.
Jean-Marc Ayrault, grand défenseur du projet de Notre-Dame-des-Landes, n'a pas été capable de conclure le dossier lorsqu'il était Premier Ministre.
Et à la suite de la consultation locale favorable, ni François Hollande, ni Manuel Valls, n'ont eu le courage de prendre des décisions fermes immédiatement.
Désormais, le travail va s'orienter vers l'agrandissement de l'aéroport Nantes-Atlantique. Malheureusement, le temps que les travaux soient réalisés, le trafic aura augmenté et la saturation sera déjà proche. Nous reparlerons donc immanquablement de Notre-Dame-des-Landes...
Reste un dossier important à traiter : l'évacuation de la "zone à défendre" (ZAD), occupée à ce jour par plusieurs centaines de personnes, en toute illégalité, au détriment des agriculteurs expropriés.
Le Premier Ministre Edouard Philippe a promis la libération des axes de circulation dans les prochains jours, et l'évacuation des "zadistes" dès la fin de la trêve hivernale (la notion de "trêve hivernale" a d'ailleurs de quoi faire bondir, concernant des personnes occupant des habitations sommaires, faites de "bric et de broc", et érigées de manière tout à fait irrégulière).
Les "zadistes" comptent pourtant bien rester sur place, arguant de "projets d'avenir" après plusieurs années de vie sur place.
Espérons que cette fois-ci, le gouvernement tiendra parole et ne cèdera pas, quitte à employer la force si cela s'avère nécessaire. Car il n'est pas acceptable qu'une telle zone de non droit subsiste.
Dans le cas contraire, il y a fort à parier que de nouvelles ZAD ne tarderont pas à fleurir dans bien d'autres endroits.