Cela faisait exactement 547 jours que les journalistes de France Télévisions Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier étaient détenus en Afghanistan. Ce mercredi, les deux hommes dont les visages étaient quotidiennement diffusés sur les grandes chaînes de télévision française, ont été libérés en compagnie de leur accompagnateur et interprète, Reza Din.
Depuis le 30 décembre 2009, les proches d'Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier n'attendaient que cela, avec espoir parfois, angoisse d'autres fois.
Mercredi, ils ont appris avec un immense soulagement que les deux journalistes ont été libérés dans la matinée par leurs ravisseurs et immédiatement pris en charge par la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure).
La bonne nouvelle a été officialisée par un communiquée de l'Elysée peu avant 15h30. Nicolas Sarkozy s'est réjoui de la libération, ne manquant pas de remercier le président afghan Hamid Karzaï pour sa gestion du dossier.
Alors que Reporters Sans Frontières annonçait déjà une possible libération à 15h09 via Twitter, la première confirmation est venue du président de l'Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, qui en direct a annoncé à 15h20 : "le Premier Ministre François Fillon et le Ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé viennent de quitter l'hémicycle. Selon les informations qui nous parviennent, il s'agit d'une bonne nouvelle puisque les deux journalistes de France 3 seraient libérés". Les députés ont alors unanimement applaudi cette nouvelle.
A priori en bonne santé, les ex-détenus se trouvent actuellement à l'hôpital militaire de Kaboul. Ils devraient atterrir en France tôt jeudi matin. Le Président de la République sera présent à Villacoublay pour les accueillir.
Mercredi, une heure à peine avant l'annonce de leur libération, des milliers de personnes s'étaient rassemblés à Paris pour demander une nouvelle fois la libération de Ghesquière et Taponier. L'ex-otage Florence Aubenas avait notamment lu un texte de Jacques Chirac dans lequel l'ancien chef de l'Etat assurait toutes les personnes mobilisées de son entier soutien.
Quelques semaines après la mort du leader d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, il semblerait que la diplomatie française ait accompli un travail dans l'ombre considérable aux côtés des dirigeants afghans pour obtenir la libération des otages. L'annonce récente de Nicolas Sarkozy de son intention de retirer les troupes françaises d'Afghanistan a assurément facilité les tractations.
Cette réussite réjouissante ne doit pas faire oublier les nombreuses personnes françaises et étrangères toujours en captivité dans le monde. Neuf ressortissants français sont recensés à ce jour.