Une affiche siglée du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) fait scandale. Elle assimile le Président de la République au dictateur nazi Adolf Hitler. Acte isolé ou dérapage collectif ?
L'affiche montre une photo de Nicolas Sarkozy, bras droit tendu pendant un discours. Il est écrit au-dessus de lui en bleu-blanc-rouge "Liberté ? Egalité ? Fraternité ?" et au-dessous "Jusqu'où le laisserez-vous aller?" avec le sigle du MJS.
Une affiche aussi indécente qu'irresponsable, qui a provoqué de vives réactions. L'UMP, par la voix de Jean-François Copé, a estimé "qu'une nouvelle étape dans la bassesse a été franchie". Le Secrétaire Général du parti de droite dénonce "le détournement honteux d'une photographie dans l'unique but d'assimiler Nicolas Sarkozy à Adolf Hitler".
De son côté, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a condamné cette campagne "qui relève d'un honteux mélange des genres". Selon elle, "ce type d'analogie a pour conséquence à la fois de décrédibiliser le combat politique et de contrevenir au travail des associations contre le racisme et l'antisémitisme".
Au-delà de la timide révolte de la Licra, que l'on a connu bien moins frileuse quand il s'agit de dénoncer les légitimes discours sur la sécurité du Président de la République, il s'agit de comprendre comment un mouvement politique national, assimilé à un des deux grands partis républicains français, a pu se lancer en toute liberté dans une telle campagne.
Bien évidemment, l'hypothèse d'un acte orchestré par une minorité de militants est plausible. Le MJS a d'ailleurs officiellement déclaré n'avoir découvert l'affiche que tardivement et démandé que celle-ci soit retirée.
Les Jeunes Socialistes ont expliqué que la campagne avait été lancée il y a plusieurs mois par la Fédération de la Vienne dans le contexte du discours tenu par le Président de la République à Grenoble et de l'expulsion des Roms, et que quelques affiches restant en stock avaient été collées récemment.
Cela peut être une explication, mais en aucun cas une excuse ! Il revient aux responsables du mouvement et même du parti de veiller à encadrer leurs jeunes militants.
S'il ne faut en aucun cas accuser l'ensemble des militants socialistes de soutenir cet acte, il est en revanche nécessaire de pointer du doigt le manque d'encadrement des actions de certaines fédérations du MJS, et le temps de réaction extrêmement long des dirigeants du PS.
Pourtant, Benoît Hamon par exemple, sait faire preuve d'une réactivité absolue lorsqu'il s'agit de s'insurger des propos tenus par des élus de la majorité présidentielle !
A cette heure, seule Laurianne Deniaud, Présidente du MJS, a admis que les affiches "ne sont pas du meilleur goût et même très maladroites".
Elles montrent surtout l'absence de volonté de certains de s'inscrire dans un débat d'idées, préférant user de procédés en dehors de toute responsabilité politique pour contrer le pouvoir en place.
On se dit dans ces moments là que la campagne des Jeunes Populaires de l'UMP lors des dernières élections régionales (avec le fameux lipdub "Tout ceux qui veulent changer le monde"), à défaut d'être très réussie, avait au moins le mérite de ne pas s'inscrire dans une telle médiocrité !
Les Jeunes Populaires se sont déclarés "scandalisés par une campagne insultante et l'attitude du MJS qui a choisi l'outrance et l'insulte pour exister".