La question du droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels est aujourd’hui un sujet de société important. Alors qu’une proposition de loi socialiste en faveur du mariage homosexuel a été rejetée en juin à l’Assemblée Nationale et que le président PS du Conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, vient de donner son aval à une jeune femme de 33 ans déclarée homosexuelle d’adopter un enfant dans les 5 ans à venir, nul doute que le débat aura toute sa place dans la campagne de l’élection présidentielle de 2012.
Si nous sommes encore loin du vote d’une loi autorisant les couples homosexuels à se marier et adopter un ou plusieurs enfants, il est certain aujourd’hui que les mœurs évoluent. L’opinion publique n’est pas encore complètement favorable à cela, mais les réticences se font moins fortes.
Dans les rangs politiques, si une majorité de la gauche semble prête à franchir le pas, à droite des voix se font entendre, bien que l’essentiel des députés et des sénateurs restent prudents sur ce sujet sensible.
Après m’être largement intéressé à cette question, notamment sur ce qui se fait dans les autres pays d’Europe et du monde, il me semble aujourd’hui qu’une évolution de la loi est souhaitable et incontournable à plus ou moins brève échéance.
Dans un pays qui se veut le garant des libertés et de l’égalité, à l’heure où la cause féministe par exemple se fait entendre pour que les femmes soient considérées au même titre que les hommes, comment pouvons-nous encore limiter les droits accordés aux couples homosexuels ?
Ces personnes vivent ensemble, construisent leur parcours ensemble, ont des projets en commun et possèdent donc souvent des biens en commun. Il paraît tellement évident que la France leur accorde des droits identiques à ceux des couples hétérosexuels.
Si le Pacte Social de Solidarité (PACS) a permis, concernant le mariage, de faire évoluer positivement le droit, il est temps aujourd’hui de franchir le pas et de donner aux homosexuels une protection identique à celle des hétérosexuels en cas de décès d’un des deux conjoints.
Ceux qui se cachent derrière une supposée norme « un homme avec une femme » se trompent. Il y a depuis fort longtemps en France et partout dans le monde beaucoup plus d’homosexuels qu’on veut bien nous le faire croire. Seulement, par peur du rejet de leurs proches et de la société dans son ensemble, certains se taisent.
L’Eglise rejette l’homosexualité, c’est son droit. Mais il est du devoir de nos dirigeants de bien tenir compte sur ce sujet de la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Dans une république qui se veut laïque, toute pression religieuse, soit-elle dominante, doit être rejetée.
Autoriser le mariage homosexuel ne fera pas augmenter le nombre d’homosexuels, il permettra seulement à tous ceux qui cachent leur préférence sexuelle de l’exprimer plus sereinement.
A l’âge adolescent, trop de jeunes n’osent pas exprimer leur préférence sexuelle, se sentant « différents ». Mais la différence n’est basée que sur une norme communément admise qui à ce jour doit s’effacer. Qu’une personne soit hétérosexuelle ou homosexuelle ne doit pas changer sa place dans la société : cela reste de l’ordre privé.
Ces jeunes vivent plus ou moins mal leur situation, et certains sombrent dans la dépression, allant même parfois jusqu’au suicide.
Nul doute qu’il leur serait bien plus facile d’exprimer leur préférence à leur entourage si la loi prévoyait une réelle égalité entre hétérosexuels et homosexuels.
En faisant évoluer la loi, les dirigeants français feront évoluer les mœurs. Exemple : en 1981, une majorité de Français étaient opposés à l’abolition de la peine de mort. Aujourd’hui, une large partie de la population ne remettrait pour rien au monde en cause cette décision.
Concernant l’adoption, il est clair que biologiquement, seuls un homme et une femme peuvent procréer. Seulement, pourquoi n’autoriser l’adoption qu’aux hétérosexuels ?
Sous prétexte que l’équilibre de l’enfant doit être assuré par un homme et une femme, on interdirait à deux hommes ou deux femmes de connaître la joie d’être parents. Désolant...
La société est ainsi faite qu’aujourd’hui, de nombreux enfants sont élevés uniquement par leur père ou uniquement par leur mère. Souvent, ils sont confrontés à la séparation, voire au divorce de leurs parents. Vous parlez d’un équilibre !
A mon avis, tout dépend surtout de la volonté d’élever un enfant, de construire son avenir, de veiller à son bien-être, de lui donner son amour. Rien à voir avec le sexe de la personne qui élève l’enfant. C’est le profil psychologique des personnes qui adoptent et l’intérêt de l’enfant qu’il convient de privilégier.
Bien entendu, un enfant élevé par un homme et une femme dans une vie réglée comme « un long fleuve tranquille » a toutes les chances d’être heureux. Mais ceci ne constitue plus de nos jours une écrasante majorité, loin s’en faut.
A choisir, il est bien entendu préférable qu’un enfant soit élevé par deux hommes ou deux femmes qui ont une vie saine et équilibrée que par un couple hétérosexuel qui se déchire, qui a des habitudes de vie nuisibles au bien-être de l’enfant ou qui s’adonne à des pratiques (sexuelles entre autres) discutables. Je ne parle même pas des cas de violence et de maltraitance, qui sont loin d’être isolés.
Certes, en 2011, il existe encore un risque qu’un enfant élevé par un couple homosexuel subisse la cruauté de ses camarades de classe ou de jeu. Il sera peut-être montré du doigt au début.
Mais cela ne tient qu’à une norme imposée. Quelques années après le vote d’une loi autorisant l’adoption par les couples homosexuels, il n’en restera rien ou presque. Ils seront nombreux à avoir deux papas ou deux mamans, et cela sera tout bonnement devenu commun.
Messieurs les politiques, la balle est dans votre camp…
Et vous, êtes-vous favorable au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuel ?
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